Edito ou billet d'actu

Bienvenue sur mon site

Bienvenue sur mon site Internet personnel. Vous y trouverez toute l'actualité de mes actions menées au niveau schaerbeekois et bruxellois. Notre pays et singulièrement la Région bruxelloise sont confrontés à des défis majeurs tant en matière socio-économique qu’environnementale et institutionnelle. Pour les relever, il faut se tourner vers l'avenir et le progrès. Par mon action comme député-Bourgmestre, mes convictions, mon honnêteté, j'ai l’ambition de relever autrement les défis : emploi, formation, logement, mobilité, environnement… Mes actions et mes propositions, vous les retrouverez en naviguant sur ce site.

 

Mon interpellation au Parlement bruxellois : les objectifs de la Région bruxelloise en matière de R&D

« Mme la secrétaire d'État, je voudrais vous interpeller sur notre effort en matière de recherche et de développement en Région bruxelloise.

Retard en matière de compétitivité

Une étude de Brussels Studies nous a récemment indiqué que la situation de ce domaine n'était pas celle qu'elle devrait être. L'Union européenne rappelle en toute circonstance qu'elle souhaite que les États membres de l'Union rattrapent le retard accumulé depuis les années 70 par rapport aux autres grandes puissances économiques en matière de compétitivité.

Pour y parvenir, l'Union européenne a notamment fixé comme objectif au sein de son programme Europe 2020 que chaque État affecte au moins 3% de son produit intérieur brut à la recherche et au développement. Le niveau de croissance de l'Union européenne justifie d'autant plus ces initiatives qu'en Europe, nous sommes engagés dans un contexte de croissance bien plus faible que par le passé.

Le taux de croissance de ce grand bloc économique qu'est l'Europe est depuis trop longtemps plus faible que celui des États-Unis, de la Chine ou d'autres grandes économies mondiales. Aujourd’hui, ce sont les États-Unis qui stimulent la croissance, les prévisions récentes confirmant une croissance fort molle en Europe.

D'autres instituts, comme l'Institut de recherches économiques et sociales (IRES) de l'UCL, mettent en avant une série de risques potentiels néfastes à la reprise, qui reste fragile : la politique monétaire américaine, la politique monétaire européenne qui vient de changer hier, ne nous garantissent pas qu'il y ait des éléments suffisants pour relancer l'activité économique.

Un chancelier allemand a dit que les "profits d'aujourd'hui étaient les investissements de demain et que les investissements de demain étaient les emplois d'après-demain." L'on pourrait ajouter que les efforts en recherche et développement d'aujourd'hui sont les profits de demain, et ainsi de suite.

Etude de Brussels Studies

Nous devons revenir au cœur du problème. C'est l'effort consenti en recherche et en développement qui permettra d'améliorer la productivité, moteur de la croissance économique. Tous les économistes vous le diront, la croissance économique n'obéit qu'à deux facteurs : la mobilisation des ressources et des facteurs de production - principalement la démographie - et l'amélioration des processus de production par la recherche et développement.

Le 22 décembre, le quotidien La Libre Belgique rendait compte d'un article de Brussels Studies sur les conclusions d'une étude menée en Région bruxelloise pour savoir si l'objectif européen était atteint dans ce domaine. Il en ressort que la Région bruxelloise, contrairement aux deux autres Régions du pays, n'atteindra pas les 3% fixés par l'Union européenne. Selon les projections faites sur la base de la croissance des dépenses en la matière entre 2005 et 2011, la Région consacrera à peine 1,9% de son PIB à la recherche et au développement en 2020.

Les insuffisances toucheraient principalement les dépenses privées en recherche et développement. Or, l'étude insiste sur l'importance de la complémentarité entre la recherche et le développement financés par les pouvoirs publics, davantage orientés vers la diffusion des nouvelles connaissances, d'une part, et la recherche financée par les organismes privés, visant la mise sur le marché de nouveaux produits ou procédés, d'autre part.

"De nouveaux modes d'organisation collaborative issus de cette complémentarité sont apparus. Ils permettent de développer des synergies entre des entreprises, des unités de recherche, des centres de formation au sein de projets innovants (pôles de compétitivité) financés par des acteurs privés, publics, nationaux et étrangers (États, régions, Union européenne)", précise l'étude.

L'étude indique également que, par secteur d'exécution, les dépenses bruxelloises en recherche et en développement en 2011 représentaient seulement 11% des dépenses totales de la Belgique en la matière. C'est beaucoup moins bien que la performance de l'économie bruxelloise, décrite dans l'accord de gouvernement comme étant très dynamique, puisqu'elle atteint 20% de l'activité économique du pays. La part de la recherche et du développement fait donc à peine la moitié de celle de l'activité économique.

L'accord de Gouvernement

Cela indique un déficit particulièrement grave et interpellant pour nos perspectives de croissance et les emplois que nous pourrons créer en Région bruxelloise. C'est très décevant pour notre Région qui a la vocation d'être "la capitale belge et européenne de l'esprit d'entreprendre et de l'innovation" selon l'accord de gouvernement. Je ne doute cependant pas que le gouvernement a de l'ambition pour ce secteur, car d'autres parties de l'accord l'attestent, tels que les pôles de compétitivité. On annonce que ces derniers "regrouperont, dans une démarche de conseil, des partenariats, des entreprises, des centres de formation et des unités de recherche. Ils auront pour but de concentrer les moyens et les énergies sur des secteurs d'activité précis".

On évoque les pôles de la communication et de l'image, de la logistique de la connaissance et du numérique. Les objectifs de la stratégie de l'Union européenne sont clairement évoqués : "la recherche fondamentale, la recherche appliquée et l'innovation représentent des leviers essentiels pour une société qui évolue positivement et se développe d'une façon juste et solidaire. Le gouvernement mettra tout en œuvre pour atteindre les 3%, tant publics que privés, de PIB régional consacré à la recherche et au développement en concentrant ses efforts selon le concept de spécialisation intelligente liée à une sélectivité accrue des projets et en lien avec les nouveaux pôles de compétitivité".

L'accord de gouvernement ajoute que "le gouvernement évaluera et optimisera le soutien accordé aux entreprises et favorisera l'investissement au développement de sociétés innovantes issues des universités, hautes écoles et centres de recherches. Par ailleurs, il veillera à faciliter l'accès aux crédits pour la valorisation de recherche par les invests régionaux".

À l'instar de la plupart des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Région soutient directement diverses activités de recherche et de développement des entreprises et compte, je l'espère, poursuivre dans cette voie. Vu le rôle fondamental joué par la recherche et le développement dans le progrès technologique et la croissance soutenable des entreprises et, en conséquence, dans la création d'emplois dans notre Région, l'objectif de 3% doit donc être un minimum à atteindre et il serait même souhaitable de le dépasser. La Région wallonne y parviendrait d'après les prévisions de cette étude de Brussels Studies. Donc, pourquoi pas la Région bruxelloise ? Nous possédons en effet de nombreux atouts en matière de produits et de services. C'est précisément à ce niveau que le programme européen vise à concrétiser les innovations en recherche et en développement.

Il ne me semble ni justifié, ni explicable, ni acceptable que notre Région soit à la traîne par rapport aux deux autres dans ces domaines. Le gouvernement doit donc soutenir les entreprises et les inciter à rassembler et à développer davantage les composantes nécessaires à l'innovation : les concepts, les technologies, les compétences, tout ce qui permet d'améliorer notre stratégie d'innovation.

Suite à la publication de cette étude et la confirmation du grave déficit en termes de recherche et de développement, il est urgent que nous développions une série d'initiatives.

Mes questions

C'est pourquoi je me tourne vers vous. Avez-vous pris connaissance de cette étude ? En partagez-vous les conclusions ? Partagez-vous nos craintes sur la situation de la recherche et du développement dans notre Région ? Confirmez-vous cette analyse ? Quelles mesures entendez-vous prendre dans les semaines ou les mois qui viennent pour rattraper ce retard bruxellois ? Quelles solutions préconisez-vous ? Nous serons très attentifs à vos réponses. »

Ma réplique

« Je constate, vu le nombre de personnes qui se sont jointes à cette interpellation, qu'il s'agit d'un sujet important qui intéresse tous les groupes politiques et à propos duquel on peut trouver des envies et des volontés partagées, au-delà du clivage majorité-opposition. Il s'agit d'un véritable enjeu, qui engage la Région bruxelloise pour de nombreuses années.

Je vous remercie pour votre réponse très complète, assortie de tous vos commentaires portant sur les différentes interprétations à donner aux chiffres. Il est vrai que la Région de Bruxelles-Capitale constitue un très petit territoire et qu'elle accueille néanmoins des entreprises nationales et internationales. Certaines d'entre elles veulent peut-être faire de la recherche ailleurs. La discussion a notamment porté sur le numérateur, le dénominateur et le fait que l'activité économique en Région bruxelloise est particulière par rapport à celle des autres Régions. Pour moitié, il s'agit d'une activité publique et administrative.

Il est vrai qu'il y a sans doute moins de recherche et développement dans la fonction administrative, les écoles et autres établissements de soins que dans les autres secteurs, mais il n'empêche que la recherche et développement engage l'avenir, ainsi que notre capacité à être compétitifs et à créer des emplois. Il faut donc persévérer dans cette voie. Je n'ai pas le fétichisme du chiffre.

Même si le 1,9% devait s'interpréter différemment chez nous, nous savons en tout cas que c'est trop peu et que nous devons nous améliorer dans ce domaine. J'ai donc bien noté toutes vos ambitions et vos effets d'annonce sur la simplification des mécanismes et votre envie d'aller plus loin. Nous vous suivrons et accompagnerons dans cette démarche. Je ne serai sans doute pas le seul à être attentif à tout ce que vous mettrez en place.

Par ailleurs, ainsi que d'aucuns l'ont évoqué d'une autre manière, il est important de mettre en place des mécanismes d'aide publique. Même s'ils ont augmenté au fil du temps, ils ne sont pas totalement utilisés. Il faut donc améliorer la manière dont le secteur privé peut profiter de ces aides publiques : subsides, création de pôles de compétitivité, organes facilitant la coordination entre les entreprises et les centres de recherche, etc.

La culture de l'innovation est essentielle et dépasse le cadre des aides, des programmes, des subsides, des pôles de compétitivité, des bâtiments, etc. Cette culture est partagée dans la société : il existe une réelle volonté d'innover et de se moderniser, et ceci engage également les pouvoirs publics au sens large.

Nous sommes une ville très administrative. Or, même si les administrations sont parfois plus lourdes à se transformer et à se modifier, il nous incombe de les faire évoluer vers plus de modernité et d'innovation, ainsi que de participer à cette culture de l'innovation. C'est là que réside tout l'enjeu du concept de ville intelligente. À nous d'être les plus innovants, afin de créer un contexte qui accompagne et encourage le secteur privé à poursuivre dans cette voie. Nous serons tous au rendez-vous d'ici une bonne année, afin de procéder au suivi de cette interpellation, d'examiner l'évolution de la situation et de vérifier si les tendances vont dans le bon sens. »
 

23 Janvier, 2015